Le don entraine une dynamique positive

L’autre jour, je suis tombé sur une vidéo qui illustre une philosophie que je défends. L’idée que le don et la bienveillance entrainent une dynamique positive pour soi et pour les autres. Dans cette vidéo, un jeune homme exprime cette bienveillance grâce à une série d’actes et de dons désintéressés.

Cette vidéo est extrêmement convaincante car elle se fait l’écho d’une logique ancrée au plus profond de notre être. Une logique qui prend racine dans notre fonctionnement biologique et social, faisant du don un élément important de notre vie.

Donner rend heureux

C’est aujourd’hui une évidence pour un bon nombre de chercheurs et de psychologues. En effet, une étude de l’University of British Columbia a observé que les enfants de moins de deux ans avaient plus de plaisir à donner leurs friandises qu’à les recevoir.

Des chercheurs allemands et américains ont également montré que lorsque nous donnons les zones du cerveau lié au plaisir et à la récompense s’activent. Ils ont constaté que cet effet bénéfique s’active au moment où nous choisissons de donner plutôt que de garder.

Dans le New York Sun, le sociologue Arthur Brooks explique qu’il existe une corrélation entre le sentiment de bonheur et le don sous forme d’argent ou de bénévolat. Ainsi en 2001, il interrogea les personnes qui avaient donné au cours de l’année. Elles avaient 43% de chance en plus qu’elle soient « très heureuses ». Elles avaient aussi 34% de chance en moins qu’elle soient « triste au point de ne pas avoir sourit de l’année » et 68% de chance en moins de s’être sentie « sans espoir ».

Vous pouvez observer le lien entre don et bonheur dans le premier épisode de l’émission « J’ai décidé d’être heureux ». Dans cette émission des personnes malheureuses sont coachés en faisant des dons à des inconnus dans un centre commercial.

Un besoin vital

Être avare est générateur de stress comme le montre une étude publiée dans le Journal of Health Psychology par Elizabeth W. Dunn. Dans cette étude, 10$ étaient donnés à des sujets qui pouvaient les garder ou les partager. Plus les sujets choisissaient de garder d’argent, plus leur niveau de cortisol (hormone du stress), augmentait. Sachant que le stress nuit à notre santé, des comportements égoïstes réguliers peuvent être néfastes sur le long terme.

Dans sa théorie de l’analyse transactionnelle, le psychiatre Eric Berne met en avant le besoin vital d’échanger des signes de reconnaissance (strokes en anglais). « La soif de reconnaissance correspond au besoin de l’individu d’être accepté et reconnu par les autres en tant que lui-même, à la fois être humain singulier, spécifique, mais aussi semblable aux autres. »
Ces signes de reconnaissance sont tellement vitaux qu’il nous font préférer la haine à l’indifférence. Nous préférons en effet recevoir des signes de reconnaissance négatifs plutôt que de ne pas en avoir.

Une théorie qui concorde avec les travaux du psychiatre René Spitz sur l’hospitalisme. Ce dernier a observé que les bébés à qui on ne donne pas de marque d’affection et de contact se laissent mourir en arrêtant de s’alimenter.

Le don permettrait donc d’échanger des signes de reconnaissance sous la forme de cadeau, d’aide ou de paroles bienveillante.

Une nécessité sociale

L’altruisme serait un élément clé du bonheur au travail selon des chercheurs de l’Université Wisconsin–Madison. Ils ont démontré que dans une même entreprise, les personnes altruistes sont plus heureuses au travail que leurs collègues. Ils constatent qu’en aidant les autres nous améliorons notre bien-être et notre engagement au travail.

Il existe également un lien de causalité entre le bonheur et la générosité. Comme le rapportent des chercheurs de l’Harvard Business School et de l’University of British Columbia, plus nous sommes heureux, plus nous sommes enclin à donner.

En 1923, l’anthropologue Marcel Mauss publie sont célèbre Essais sur le don. Sa thèse était que le don/contre-don est un mécanisme nécessaire à l’organisation des sociétés. Ce mécanisme s’appuie sur l’équilibre des trois actions inséparables : Donner, Recevoir et Rendre.

Mauss étudia les sociétés traditionnelles en Polynésie et en Mélanésie. Il s’aperçut que les rituels locaux étaient basés sur une sacralisation du don/contre-don. La pratique de ces rituels entrainait de manière indirecte des échanges nécessaires entre les différentes tribus : Échanges culturels, échanges de biens, métissages…

La vidéo montre parfaitement le cycle des actions donner, recevoir et rendre.
Donner : Le personnage principal donne
Recevoir : Les personnes qui reçoivent refusent puis acceptent
Rendre : Les personnages évoluent ou donnent à leur tour (vendeuse, papillon…)

Donner de manière désintéressé

La générosité a donc un effet contagieux à travers le bien-être qu’elle procure à nous-même et aux autres. En plus de renforcer le lien social, elle améliore notre santé physique et mentale.

Mais si cette réalité est corroboré par de nombreuses études scientifiques, nous ne percevons pas toujours cet effet positif. Il existe en effet plusieurs manières de donner qui peuvent annuler les effets positifs du don.
Par exemple le don sacrificiel qui consiste à souffrir ou nous mettre en danger pour donner. Parce que nous dégradons notre situation, cela peut aboutir à un stress et une souffrance supérieurs au plaisir de donner.
Un autre exemple est le don forcé. Il se produit lorsque nous n’avons pas envie de donner mais qu’une contrainte externe ou interne nous y pousse. Par exemple lorsque nous sommes incapable de refuser un service par timidité ou bien lorsqu’une personne nous y oblige.
Enfin, il y a le don intéressé. Une manière de donner dans la forme mais qui s’apparente dans le fond à une contrainte affective. Être intéressé ne l’est pas forcément de manière consciente mais il déclenche des effets psychologiques et relationnels négatifs que je détaillerai dans un autre article.

Pour profiter pleinement des effets positifs du don, nous devons donc veiller à 3 points. Nous devons nous sentir libre de donner, ne pas nous mettre en danger et être sincère et désintéressé. Nous focaliser sur le plaisir de donner et non pas sur celui d’avoir un retour. Comme le dit l’expression : Donner sans rien attendre en retour. Cela peut commencer par des dons peut coûteux comme offrir un sourire, une politesse, de l’écoute, du temps…

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